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 Nos atomes accrochés † Sarma

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Samuel Proust
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La première fois que tu as vu les hautes lumières: J'ai vu la plus haute des hautes lumières : Karma
MessageSujet: Nos atomes accrochés † Sarma   Dim 20 Sep - 2:40


Nos atomes accrochés
sam & karma
Les étoiles sont éclairées pour que chacun puisse un jour retrouver la sienne. Il fixait le ciel, cherchant celle du Nord, plus brillante que les autres. Elle avait été nécessaire, aux marins solitaires et aux plus grands navigateurs. Sam la voyait, lui aussi, petit pêcheur du dimanche, depuis sa barque. Il devait être six heures, un matin de fin de semaine. La vie dormait encore. Pas un bruit. Juste des clapotis de gouttelettes sur le lac. Sam s'était levé tôt. Il ne voulait pas être réveillé par le bruit des travaux en bas de chez lui, pas un dimanche. Alors il avait décidé s'enfuir avant de connaître une agression sonore dans son propre lit. Sa canne à pêche sur l'épaule, il avait marché jusqu'au lac, brassé le feuillage d'un buisson pour retrouver sa barque. Puis, à l'assaut de l'aube, il s'était éloigné du rivage. Seul sur l'eau, seul sur le reflet du ciel encore troué de diamants. Ses yeux rivés sur eux, il regardait la mauvaise étoile, il le savait. L'étoile du Nord était aimée de tous. Sam, lui, tendait à préférer cette étoile qui, à six heure, était déjà éteinte.
La barque s'était immobilisée au milieu du lac. L'hameçon trempait dans l'eau, espérant méprendre le premier poisson qui passe. Peu importait à Sam, présent sans vraiment s'attendre à quoi que ce soit. Fatigué. Tenant sa canne comme un prétexte pour être ici.
Les étoiles s'éteignaient une par une. Quand, sans prévenir, sur la rive, il sembla s'allumer une toute autre lumière. Sam l'aperçut par chance, et ce fut, à coup sûr, le premier miracle qu'on lui donnait le droit de connaître depuis deux ans. Ou peut-être un mirage. La brutalité, la surprise, le caractère inattendu de cette apparition, lui coupa le souffle. Il devint blême. Le lac se transformait en ravin au dessus duquel l'embarcation tanguait, l'équilibre précaire. Le coeur de Sam manqua de chavirer avec sa barque. C'était incroyable. Là, sur la berge et dans la brume, les pieds dans l'eau du lac qui venait mourir sur la terre, elle était debout. Un fantôme resurgissant d'un passé lointain, un souvenir qui s'était frayé un chemin dans les méandres d'une mémoire prête à l'avaler entièrement. Elle refaisait surface, ce matin-là. Aussi soudainement qu'elle avait disparu.
Sam approcha sa barque, hypnotisé, n'en revenant pas. Il haletait, il tremblait, le dos glissant sous une couche de sueur retournée. Une nausée lui donnait les larmes aux yeux, lui faisait tourner la tête. Une folie brusque. Lorsque sa barque fut assez proche, le mirage ne s'était pas évaporé avec la brume. Sam posa sa rame au fond de sa barque, crispé, bouleversé.
Etait-ce un rêve ? Cela n'avait rien de réel. Pourtant, lorsqu'il descendit de son canot et s'enfonça dans l'eau jusqu'à la taille, le froid lui mordait bel et bien la peau. La chevelure ondoyante de Karma tombait bel et bien sur ses épaules. Ses yeux, ses yeux où brillaient bien plus d'étoiles que dans cent ciels, était rivés sur ceux de Sam. Pour de vrai.
Enfin.
Il s'avança encore. Et puis, il s'arrêta. Les genoux prêts à flancher. Karma. Il ne savait pas depuis combien de temps exactement. Deux ans ? Plus ? Moins ? Peu importe, cela faisait deux ou trois éternités. Karma. Karma. Karma...
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Karma Abishira
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MessageSujet: Re: Nos atomes accrochés † Sarma   Dim 20 Sep - 22:57


Nos atomes accrochés.
C’était encore une de ces nuits sans sommeil. Sans rêves et sans repos. Karma, ça faisait longtemps qu’elle rêvait plus. Parfois, sous ses paupières, des cauchemars. Rien d’autre. Et dans ces mauvais songes la vision de ce visage, tant aimé, regretté, qui broyait son cœur, faisait pleurer son âme et confortait au creux de son être le désir dévorant de le revoir à nouveau. Pourtant, elle s’en sentait plus digne, la môme. Se sentait plus capable d’affronter son regard. Mais la gamine pouvait pas s’empêcher de se demander si lui pensait toujours à elle ou s’il l’avait oublié. Sous les premières lueurs de l’aube, elle marchait la môme. Fouler la terre où elle avait grandi dans la fraîcheur du matin, tandis que la nature semblait encore endormie, avait quelque chose de magique presque mystique. Le calme qui régnait, l’odeur de la végétation et le bruit de l’eau incitaient à l’apaisement. La gamine s’y sentait bien. C’était comme revenir deux ans en arrière lorsque tout n’était que joie et insouciance. Marchant sur la berge, ses pieds nus s’enfonçant dans la terre humide, elle laissait son regard glisser sur le lac et parfois même s’égarer vers l’horizon. Pendant que son esprit, lui, vagabondait échappant aux griffes de ses tourments. Ce lieu qu’elle connaissait par cœur, nimbé dans les premières lueurs du jour, la retournait. La gosse se demandait comment elle avait pu tourner le dos à tant de beauté. Comment avait-elle pu partir ? Quitter l’Éden. Dans ses prunelles le lac se reflétait lorsque l’image d’une barque fit son apparition. À l’intérieur une silhouette à la gestuelle doucement familière. La môme, sereine, suit d'abord la barque des yeux jusqu’à ce que le voile glisse lentement. Son cœur fait un bond dans sa poitrine. Elle bouge plus, son corps s’immobilise tandis que ses yeux restent posés sur cette silhouette qui semble se rapprocher de plus en plus. Ce visage. C’était lui. Karma a soudain le souffle coupé. Elle sent son corps vibrer sous l’émotion qui la secoue violemment. Elle a du mal à rester debout. Fébrile, elle lutte. Karma, sent ses yeux qui lui pique et qui s’embuent de larmes. Elle attend l’inexorable rencontre ; celle de deux comètes. Finalement, elle sent le mouvement rapide de ses jambes, la caresse de l’air sur son visage puis, la morsure de l’eau sur sa peau avant de retrouver brusquement et sans un mot la chaleur de Samuel. Son odeur. Contre lui, Karma elle oublie, elle s’oublie. Elle accepte le contact de son corps, ses bras qui enserrent ce corps frêle et cabossé qu'est le sien. Ces mêmes bras qui s’érigent d'emblée comme une barricade contre le monde. Sam. Karma le serre contre elle, elle voudrait se fondre en lui. Ne plus jamais le quitter. Sam, pardonne-moi qu'elle pense la comète. Pardonne-moi, je t'en pris. Moi j'y arrive pas, qu'elle voudrait lui dire. "Sam." qu'elle murmure. Les mots suivants veulent pourtant pas sortir, coincés dans sa gorge. Garde-moi contre toi pour l'éternité, me laisse plus jamais faire l'erreur de partir.  


Dernière édition par Karma Abishira le Lun 21 Sep - 14:23, édité 2 fois
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Samuel Proust
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MessageSujet: Re: Nos atomes accrochés † Sarma   Lun 21 Sep - 0:00


Nos atomes accrochés
sam & karma
Karma s'approcha de lui comme il allait vers elle, le pas ralenti par l'eau du lac. Elle les enveloppait tous les deux, comme mère et protectrice d'un instant qui demeurerait secret. Et absolu. Si la brume s'était retirée pour lui offrir la vision de Karma, ses propres larmes la brouillaient. Mais elles ne suffisaient pas à la lui enlever à nouveau. Rien ne pouvait s'interposer entre deux aimants, pas si près. Karma. Karma. Karma. Son nom battait avec le coeur de Sam, en deux pulsations folles et rapides contre sa tempe, contre sa poitrine. Il avait peur de s'écrouler avant de l'atteindre et de se noyer dans le mètre d'eau qui les couvrait. Et puis sa peau. Sa peau, ses cheveux, son front au creux du cou de Sam. C'était arrivé si vite. Il voulait pleurer, fondre, se désintégrer entre ses bras. Elle l'enlaçait, il l'enlaçait, il la serrait de toutes ses forces contre son torse hurlant sous les coups de son coeur déchaîné. Il avait l'impression que ses dents se briseraient sous l'étau qu'était devenue sa mâchoire, qui s'épuisait à retenir une vague de sanglots de bonheur et de douleur mêlés. Parce qu'il n'y croyait toujours pas. Il se pensait dans un mauvais rêve, un rêve malsain, qui lui donnait cette impression de réalité au goût terriblement sucré. Dans quelques secondes, il se réveillerait, il en était persuadé.
Karma. C'était comme un chant d'espoir dont on se souvient soudain des paroles. Qu'on a envie d'entonner tel un clairon annonçant la fin d'un couvre-feu et d'une nuit où la déchéance avait failli vous emporter. Sam l'avait rêvée, l'avait imaginée, l'avait dessinée des milliards de fois dans sa tête. Elle n'avait jamais cessé d'être quelque part, tapie dans l'ombre, le poursuivant dans ses moindres gestes. Toujours. Même à des kilomètres de lui. Même à l'heure où il avait admit qu'il ne la reverrait plus, que son image indestructible serait la seule relique de cet être mystérieux qui fut son énergie, autrefois. Si loin qu'il semblait que ce soit dans une autre vie.
"Sam." murmura-t-elle sous son oreille.
Sa voix, maintenant. Son souffle chaud sur son épaule. Il crut un instant qu'il se laisserait tomber sur elle, à bout de force. Mais il ne le fit pas, il tint bon, même si c'était trop pour lui. Il resta fort, la garda tout près, la soulevant presque. Cette voix qu'il avait eu si longtemps peur d'oublier évinça ses derniers doutes. Il était éveillé, Karma était avec lui. "Karma..." murmura-t-il à son tour, sa propre voix comme brisée par une émotion torrentielle.
Il resta là, ancré dans l'eau, ne voulant plus la lâcher. Pour rien au monde il ne la laisserait couler, même dans un mètre d'eau. Noués. Accrochés. Comme un naufragé et une bouée de sauvetage. Qui était le naufragé ? C'est une bonne question.
Sam finit par lâcher un rire de joie. Clair, sincère, comme il n'en avait jamais lâché. Doucement, il commença à l'entrainer avec lui vers la terre ferme. Ils s'échoueraient ensemble, ou rien. Il la portait sans que ses bras ne la laisse seule. Et il n'attendit pas d'arriver là où l'eau finissait pour se laisser choir avec elle sur le sol. Leur étreinte avait besoin de s'éterniser. Il passait ses mains brûlantes et froides à la fois dans les cheveux de celle qui avait eu cette affection que personne n'avait su avoir pour lui. Celle avec qui il avait passé tant de temps, celle qu'il avait pour habitude de voir dans ces mêmes bois, celle avec qui il avait passé la plupart de ses fins de semaines. Celle qui l'avait connu mieux que personne sur terre. Celle qu'il connaissait mieux que personne sur terre. Celle qui lui avait fait plus de mal que l'humanité entière, aussi. Celle qu'il avait laissé partir comme un lâche et qu'il n'avait pas eu le courage de rattraper au vol. Mais en cet instant précis, Sam n'y pensait plus. Sam était heureux. Heureux.
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Karma Abishira
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MessageSujet: Re: Nos atomes accrochés † Sarma   Mar 22 Sep - 21:57


Nos atomes accrochés.
Elle pleure, la môme. Doucement. En silence. Des cascades d’eau salée au goût un peu amère sur ses joues dorées. Sanglots étouffés. A l’intérieur : le tumulte. Cœur en vrac. Débâcle de sentiments. Et ces mains aux cicatrices translucides, autrefois créatrices, qui s’agrippent avec avidité à cet être unique qui lui a tant manqué. Et cette bouche aux lèvres frémissantes qui reste scellée, empêchant tous les mots qu'elle voudrait lui dire de sortir. La gorge nouée, elle oscille entre deux pôles, la gamine. Joie. Tristesse. Sentiments contradictoires. Et au milieu, cet océan émotionnel. Sam. Son ami, son frère, son amour, son âme. Ses bras autour d’elle, son odeur, et puis sa voix qui répond à la sienne comme une promesse. Elle l’aime toujours autant, même après tout ce temps. Dans sa poitrine, elle a le cœur qui palpite drôlement la gamine. On dirait un petit oiseau excité qui veut sortir de sa cage thoracique. Ça lui faisait déjà ça à l’époque quand par exemple Sam posait sur elle ses beaux yeux noisette, qu’il effleurait sa peau du bout des doigts ou lorsqu’il lisait de sa voix chaude et suave des passages de ses livres préférés. T’en avais parlé à mima de ce cœur volatile. Karma, tu t’en souviens ? La môme, elle voit encore le visage paisible de Mima, son sourire bienveillant et ses yeux rieurs cerclés de rides. Mima. Ta figure maternelle. Morte. La douce mélodie du rire de Sam parvient à tes oreilles, celle-ci te replonge pendant un bref instant dans des souvenirs heureux mais, très vite, la douleur de la perte brutale d’un être cher à qui on a pas pu dire au revoir te rattrape. Dans les bras de Sam tu te fissures, tu craques. Peut-être, parce que lui la connaissait. Peut-être, parce que tu savais qu’il partageait ton chagrin. Et peut-être aussi parce qu’il avait été présent pour elle et pas toi, qu’il avait été à son enterrement tandis que toi tu n'avais pas pu car tu n'étais tout simplement pas au courant. Mais aussi parce qu’il avait sans doute pris soin d’elle et avait peut-être été la dernière personne à qui elle avait parlé pour la dernière fois. Et tout ça, ça te tuais. Tu te haïssais tellement. Pourquoi t’avais fait cette connerie ? Pourquoi t'avais quitté le nid ? " Sam, j'suis désolée d’être partie. J'ai voulu revenir mais ... et j'étais pas là quand elle est partie. J’étais pas là. " qu'elle lui dit la môme d'une voix étranglée, tout en étant secouée de violents sanglots qu'à présent elle pouvait plus contrôler. Perdant pied, Karma se résignait pas à le lâcher, s'agrippant à lui désespérément comme s'il était son seul point d'encrage au milieu d'un océan déchainé.


Dernière édition par Karma Abishira le Dim 4 Oct - 17:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nos atomes accrochés † Sarma   Sam 26 Sep - 2:21


Nos atomes accrochés
sam & karma
Il sentait ces petit doigts, fragiles comme des brindilles, se refermer fébrilement sur son chandail. Le froisser, l'étirer, le malmener, d'une force douloureuse. Karma s'agrippait à Sam, et il ne voulait pas qu'elle relâche cette pression. Depuis combien de temps l'enlaçait-il ? Il n'en avait aucune idée, c'était comme un rêve où l'on n'a pas conscience des secondes, des minutes, des heures qui s'écoulent. Des micro-secondes, peut-être. Ça n'était jamais assez, ça ne le serait pas. Sam avait des mois et des mois d'étreintes à rattraper avec Karma. Elle lui avait manqué, il en était devenu fou, avant de se résigner, d'attendre son heure comme tout le monde en se disant que le miracle qu'elle avait été pour lui s'était évaporé pour toujours entre ses mains. Là, si près. Insaisissable. Inconsciente, surtout. Sam, en l'étreignant si fort, ne se souvenait plus à quel point il l'avait haït, à quel point il l'avait maudite, elle qui l'avait abandonné en partant aussi loin. Dans la ville, à la poursuite d'un destin fatal. C'était une évidence, et Sam l'avait su ; il ne faut pas écouter le chant des sirènes. Ce genre d'histoire est raconté pour mal finir.
Le corps de Karma tressautait sous les pleurs. Alors, n'y tenant plus, ses larmes se mirent à couler aussi. Il lui aurait servi des vasques entières de ses sanglots si elle avait exigé d'étancher sa soif avec. Il pinçait les lèvres pour ne pas gémir. Il cachait son visage dans les cheveux de Karma, redécouvrant, se familiarisant à nouveau avec cette écorce humaine fracassée. "Sam, j'suis désolée d’être partie. J'ai voulu revenir mais ... et j'étais pas là quand elle est partie. J’étais pas là." Karma n'était plus qu'un résidu de larmes. Sam peinait à la garder tout à fait contre lui tant les secousses de son corps l'éloignaient. Alors il la serra plus fort, il s'abandonna au chagrin, le partagea avec elle. Il avait mal. Mal pour elle, mal au coeur, mal. Partout. Plus rien sur terre n'avait d'importance, pas même le souci exacerbé qu'il avait de se protéger en se cachant. A présent, face à elle, Sam était dénudé de sa peau de cuir. Son regard de glace avait fondu. Tous les deux, trempés jusqu'à l'os, ils ne formaient plus qu'une seule masse. "Je sais... Réussit-il à chuchoter dans l'oreille de Karma. Je sais, je sais..." Il ne savait rien de mieux. Il aurait aimé mieux savoir la consoler, d'ailleurs. Parce que ces mots étaient aussi dérisoires qu'une cuillère face à un gun.
Lumière déclinante, Mima s'était éteinte un soir de juin, alors qu'on avait cessé de croire au retour de Karma. Elle avait été une grand-mère, une mère, presque tout. Sam n'ignorait pas qu'elle occupait une place importante dans le coeur de son amie. Et il l'avait suffisamment connue pour s'y attacher presque autant. Presque, seulement. Aussi, Sam devinait la souffrance insoutenable qui rongeait Karma. Karma qui s'en voulait à mourir. Elle n'avait rien souhaité, mais la mort lui avait infligé une sentence injuste l'obligeant à se sentir coupable à vie. Ses adieux manqués à Mima étaient un non-évènement irrécupérable. Ce n'était pas de sa faute. Comment le lui dire ? C'était là probablement la vérité la plus frappante, mais aussi la plus difficile à prouver.
Sam n'avait pas les mots. Ça l'enrageait. Il serrait les dents, désirant plus que tout pouvoir en vouloir à quelqu'un. Pouvoir coller son poing dans la figure d'un responsable. Faute de personne à blâmer dans l'affaire, il ne put s'en vouloir qu'à lui-même d'être aussi pauvre de formules magiques pour la consoler.
Finalement, il trouva le courage de s'éloigner un peu d'elle. Il la regardait bien en face. Ses yeux étaient humides à n'en plus rien voir, mais elle était d'une beauté toujours aussi enivrante. Il aurait pu l'admirer des heures. Même si, sur son visage, semblait s'être fixée une marque indélébile, une cicatrice, une fissure. Celle de la ville. Deux ans plus tard, on aurait dit que Karma avait pris six ans de coups et blessures. Sam ne constatait là qu'une partie des dégâts, hélas. Cela le terrassait déjà bien assez.
"Je te pensais perdue pour toujours..." parvint-il à avouer.
Le jeune homme passait ses doigts sur la figure de la jeune fille. Doucement. Il toucha son front, effleura ses paupières, caressa lentement ses sourcils et puis descendit le long de son nez, ses cils, ses joues. Il redécouvrit la forme anguleuse de ses mâchoires. Son pouce rencontra son menton, et puis son index, ses lèvres. Et un baiser atterrit dans ses cheveux. Parce que Sam ne savait pas quoi faire d'autre pour l'apaiser. Quand il retira sa bouche, Sam plongea son regard dans celui de Karma, tenant un dialogue silencieux avec elle. Lui déversant dans les yeux tout ce qui ne pouvait se dire.
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